Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /2009 19:57

Ma journée des Templiers

3h00 du matin, camping de la Dourbie à Saint Jean du Bruel, le réveil sonne enfin! Le sommeil fut une série de courts épisodes!


4h00, nuit noire, douceur matinale, j'attends en bordure de route Séphora, Sébi, Cyril (un copain du TTT) et Greg (qui prendra ma place dans mon lit!) qui viennent me chercher en voiture pour nous rendre à Nant, lieu du départ.

 

4h30, nous voilà sur le site du départ dans l'ambiance, la peur au ventre!


4h45, nous retrouvons Patrick qui arrive de Millau avec la navette et après quelques photos souvenir, nous nous plaçons sur la ligne de départ (On est dans le 1er tiers). La pression monte.


5h10, les discours dont l'un très émouvant, se succèdent. Puis le traditionnel "Ameno" d' ERA finit par nous faire pleurer: la peur d'affronter une telle difficulté, l'ambiance particulière font naître de telles émotions!


5h15, le départ est donné dans la lueur rougeâtre des feux de Bengale avec toujours "Ameno" pour nous accompagner et la clameur des nombreux spectateurs présents.


5h25, la route s'élève légèrement, le peloton s'étire. Patrick est parti devant. Nous restons, Sébi, Séph et Cyril, ensemble: nous avons trouvé notre vitesse de croisière à 9 km/h. Sur cette route en lacets, nous admirons ce serpentin de lucioles qui nous précède et qui nous suit.


6h00, une pente à 30% se présente. La vue des lumières des lampes frontales dans la nuit noire nous indique que la pente est rude et de suite nous devons marcher! Puis nous déroulons sur un chemin relativement plat, empruntant l'ancien tracé de la ligne de chemin de fer. De nombreux coureurs nous doublent. Nous préférons garder notre allure de "sénateur" (On suit à la lettre les conseils de prudence de notre coach, Greg, un finisher de longue date!)


7h00, les cloches de Sauclières (km 15) annoncent notre arrivée dans les premières lueurs du jour. De nombreux spectateurs nous encouragent en clamant notre prénom inscrit sur notre dossard. Ravitaillement en eau: on s'arrête quelques instants et nous voyons Séphora prendre une bouteille au vol et partir vivre sa course! Cyril, Sébi et moi, nous nous arrêtons quelques instants pour ranger dans notre sac la lampe frontale. Début des vraies difficultés : montée du Saint Guiral, une alternance de longues montées à fort pourcentage, de faux-plats montants ou descendants
. On en prend plein les yeux : le lever du soleil sur les Cévennes. On se retrouve rapidement à deux, Sébi et moi ! Chacun monte à son rythme. On en profite pour faire quelques photos. En haut du Saint Guiral, Sébi s’arrête pour se couvrir, je décide de continuer tranquillement la descente pour ne pas me refroidir. Cette longue descente en single à travers les pierres est belle. Les sensations sont bonnes. Une montée abrupte à 3 km de Dourbies se dresse devant nous. Je m’aperçois que mon camelback est vide ! Dans la montée, des supporters de l’ASPTT Blois nous encouragent : Christophe Harson, Régine et Claude Souriau.


10h23, arrivée dans Dourbies (km39). L’émotion à l’état pur ! De nouveau des applaudissements, des encouragements par notre prénom et tout à coup, Mathilde, Julie et Hadrien ! Les yeux s’humidifient !
Puis Fabienne qui m’accompagne en courant jusqu’à notre point de ravitaillement personnel : c’est intense ! Greg remplit mon camelback en me donnant des conseils pour la suite du parcours. Il m’avertit qu’ils ne seront pas au prochain ravitaillement et qu’il faut prendre toutes les provisions avec moi. Fabienne est aux petits soins : changement de tee-shirt, massage. Greg me dit qu’il est temps que je reparte. J’aurais aimé que Sébi arrive pour repartir avec lui. On se loupera de 3 mn !

 

10h34, je repars seul à l’assaut de la Crête du Suquet, une longue montée entre 20 et 30% que l’on fait en marchant. Le soleil brille et ça donne le moral ! J’arrive au sommet et je commence la descente assez roulante vers Trèves. C’est alors que mon genou droit se décide à me faire souffrir ! Je ralentis mais cela m’élance encore jusqu’à tétaniser toute la jambe droite par moments. Des idées noires commencent à naître dans ma tête ! Et si je ne pouvais pas finir surtout que j’arrive dans une zone de kilométrage inconnue pour moi !?

12h10, j’arrive tant bien que mal à Trèves (km 49). Je m’arrête au ravitaillement, avale des morceaux de bananes, boit du perrier et de l’eau. Je ne vois pas le stand pour remplir mon camelback, trop préoccupé à prendre contact avec le stand de soins. Je décide de compléter ma boisson énergétique avec du perrier et du coca ! Puis je me dirige vers la tente des ostéos pour montrer mon genou. Je tombe sur un ostéo super sympa qui m’installe sur un lit de camp, le 2ème près de l’entrée. Il me questionne puis manipule mon genou et le masse à l’aide d’une pommade à l’arnica. Pendant ces 5mn d’intervention, j’avais l’œil sur le passage des coureurs. Je ne voulais pas louper Sébi. Mais pas encore de Sébi ! Je repars regonfler par les paroles encourageantes de l’ostéo. J’attaque la montée vers le plateau des Causses en marchant comme tous les autres concurrents qui m’entourent ! Après une vingtaine de minutes, j’aperçois en contrebas, mon Sébi, mon frère de peine !!! Ouf ! Je l’appelle et l’attends dans le lacet suivant ! C’est tellement mieux à deux !

 

Nous arrivons sur le plateau des Causses. Nous avons du mal à relancer l’allure mais on essaie de s’y coller ! Je m’aperçois que Sébi a le visage tout blanc ! Nous continuons malgré tout l’aventure en alternant marche et course selon le relief. Puis arrive la descente de Saint Sulpice : un vrai calvaire ! Mon genou n’est pas guéri ! Il va falloir serrer les dents pour terminer !


Nous attaquons la montée vers le plateau qui domine Cantobre. Nous formons un petit groupe animé par un gars qui mène l ‘allure ! Ce petit groupe se disloque sur le plateau : certains s’arrêtent, d’autres marchent et quelques autres courent. Nous alternons les deux allures.
Nous arrivons enfin au-dessus de Cantobre. Il faut se lancer dans la descente, 30mn d’une descente abrupte dans les cailloux avec de hautes marches en pierre. Une véritable souffrance ! Mais certains ont l’air plus mal en point que nous !

 

15h00, nous finissons la descente et apercevons Julie et Mathilde ! Quel moment émouvant ! Nous nous remettons à courir ! (Il faut voir la vidéo !) Nos fidèles accompagnateurs sont là, à Cantobre

(km 62) et ce malgré une attente interminable ! Patrick et Séphora sont passés depuis 1h30 ! Je m’arrête près de Fabienne et Florence. Fabienne masse mon genou douloureux. Puis je me restaure au ravitaillement de l’organisation : raisins secs, bananes et eau pendant que Sébi remplit son camelback.
Nous repartons regonfler comme des ballons : la présence de ma famille et amie fut un stimulant  incomparable! Les premiers kilomètres grimpent mais de nombreux spectateurs se sont massés au départ de la montée. C’est incroyable ! On arrive sur le plateau du Roc nantais !  Nous entendons les haut-parleurs ! On se remet à courir ! J’avoue à Sébi que j’ai oublié d’emporter le gel « coup de fouet » au moment où nous doublons un concurrent. Ce gars que je ne connaissais pas m’en propose un aussitôt ! C’est ça l’esprit trail !


Nous arrivons au début de la descente qui nous mène à l’arrivée, descente que je redoute depuis un petit moment. Ce fut 20mn à en chialer mais quelle délivrance lorsque nous arrivons au pied du village de Nant. Tous nos supporters sont là, Patrick et Séphora aussi ! Nous remontons jusqu’à l’arrivée entre 2 haies de spectateurs qui nous félicitent en nous apostrophant par notre prénom. La dernière petite montée est avalée en courant malgré les jambes lourdes et enfin le corridor d’arrivée tant attendu, vu et revu sur les vidéos de « youtube » !


16h43, après 11h23’35’’ d’effort, Sébi et moi, franchissons, main dans la main, la ligne d’arrivée tant désirée!

Nous sommes devenus en ce dimanche 25 octobre 2009, des finishers et c’est avec fierté que nous pourrons montrer notre tee-shit !

 

Merci Sébi pour ta présence pendant la course, merci Fabienne, Mathilde, Julie, Florence, Hadrien et Greg pour votre aide aux ravitaillements : vous avez été formidables !


Bravo à Séphora et Patrick pour votre performance (moins de 10h00 !) et je sais de quoi je parle !!!

 

 

PS : Quand on a vécu « les Templiers », on est marqué au fer rouge ! Le soir même plus jamais et le lendemain on demande la date de 2010 pour y retourner !!! C’est beau, c’est émouvant mais que c’est dur !!!

Par Greg
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